, Propos pour servir à la contre-révolution.

 
 

 Précisons
nos objectifs

Du bon usage des idéologies




De la musique avant toute chose (objectif 1)

Le mot fait peur, le mot rebute, mais il n'y en a pas d'autre : nous sommes, vous êtes idéologues. Nous sommes tous idéologues ! 
Et voyez comme les choses sont bien faites : c'est justement d'idéologie que nous manquons. C'est d'idéologie que nous avons besoin, encore et toujours, non seulement pour contre-attaquer, pour lutter à armes égales avec le néo-libéralisme, mais aussi, tout simplement, pour penser : pour sortir des sentiers battus. 

Il faut sortir des lieux communs, de l'histoire trop vite expédiée de ce mot. Non, l'idéologie n'est pas toujours ce système de pensée sclérosé que l'on connaît tous, que l'on a tous rencontré à gauche, et que l'on reconnaît aujourd'hui à droite, chez les néolibéraux.
Non, l'idéologie, c'est aussi, plus simplement, tout système de représentation. Il serait illusoire de croire que nous pouvons y échapper. Pour cela, il faut évidemment accepter de se débarasser de sa connotation automatiquement péjorative, celle qui fait que l'idéologie, c'est les autres. Notre pensée n'est pas absolument libre, elle est portée par quantité de courants qui nous poussent vers telle ou telle idée. Connaître et accepter - pour la combattre le plus souvent - la nature idéologique du savoir, c'est la condition d'une pensée rigoureuse, qui souhaite de l'ampleur et de la nouveauté : c'est l'exigence d'une pensée la plus large possible, c'est la volonté de trouver les meilleurs outils pour penser le monde et le transformer, sans faux-semblants ni manichéisme. Mais pour cela, il s'agit de se méfier de nous-mêmes, de refuser l'emballement de la pensée : ce moment où l'idéologie (notre système de représentations) ne rend plus compte du monde ou de l'homme en général, mais des fantasmes de chacun, de son histoire particulière, de ses rêves ou de ses rancunes.

 Tous en amont !


C'est pourquoi Autonomie souhaite développer une réflexion en amont de la politique traditionnelle, de la politique des partis - forcément partisane, forcément politicienne. Nous souhaitons recentrer le débat politique, poser les questions de façon large, sans a priori. C'est d'abord une exigence d'ordre intellectuel, mais c'est aussi la meilleure façon d'asseoir solidement la gauche - c'est à dire nos aspirations - de redonner goût au politique. C'est dire si l'enjeu est grand !

A force de n'en voir que l'aval (la guerre des chefs, les querelles de mauvaise foi), nous nous dégoûtons de la politique. Alors qu'en fait, la politique plaît toujours quand les problèmes sont abordés de façon dépassionnée, sans enjeux politiciens. 

C'est donc cette entreprise-là qu'il faut tenter : présenter une réflexion en amont, indépendante, pour éviter les pièges de la mauvaise foi. Poser les problèmes hors de tout engagement partisan, dans l'espoir qu'ils nous feront progresser, nous et notre cause, dans l'espoir de nous retrouver tous unis, au bout du compte, dans la même attente...

Faire progresser la gauche en nous (objectif 2)

Vous l'aurez compris, nous ne voulons "convertir" personne, pas ici en tout cas. Il ne s'agit pas, une fois de plus, de pourfendre le néo-libéralisme pour se donner bonne conscience, ni même de rôder nos convictions pour muscler nos polémiques. Et pourtant nous savons combien il est utile de conforter nos consciences, souvent si fragiles, si peu armées !

Non, l'attitude la plus riche, la plus constructive, c'est d'examiner nos propres pratiques : nous nous disons de gauche, et pourtant qui sommes-nous ? que faisons-nous ? et que pouvons-nous espérer ?

Il s'agit d'abord de s'interroger sur nos désirs, sur le monde que l'on souhaite, et - avant d'agir - sur les idées, sur les valeurs que nous voulons promouvoir. C'est un mécanisme bien connu : agir précipitamment ne résout rien, et ne contribue qu'à perpétuer l'ordre existant. La révolte s'inscrit trop souvent dans la logique de ce qu'elle rejette. Il s'agit de trouver une véritable cohérence entre nos désirs et nos valeurs, de préparer en soi aussi la révolution dont nous rêvons !

Cette interrogation sur nos rêves, nos aspirations, notre vocabulaire aussi, nous l'avons entrepris dans notre petite
encyclopédie des valeurs. C'est une partie appelée à se développer : parce que c'est en nous, d'abord, qu'il faut tester les valeurs que nous défendons - sans quoi nous tomberons toujours dans le militantisme le plus bas et le plus plat.

Et Bourdieu dans tout ça ? (objectif 3)

Notre troisième objectif, c'est celui-là : nous trouver des alliés pour la lutte, et vous proposer les références qui nous ont aidés - c'est-à-dire les auteurs, mais aussi les liens qui nous ont servi à nous libérer, à comprendre. Il s'agit de créer des solidarités, des liens dans tous les sens du terme, des relais pour nous sentir moins seuls dans la lutte. Il s'agit aussi de rompre la solitude du militant en herbe. Et c'est justement parce que certains textes de Bourdieu ont trouvé des échos en nous que ce site est né, pour que vous puissiez partager cette énergie, cet espoir que nous avons reconnus.

Mais il ne s'agit pas seulement de Bourdieu : J.-C. Michéa, C. Castoriadis et quelques autres nous ont beaucoup apportés. Nous ne leur consacrons pas assez de place à notre goût, sur le site.

Enfin, c'est pour donner de la place à la discussion que nous vous proposons aussi le courrier d'un lecteur : Marin a manifesté le désir de nous rejoindre, et pourtant il semble animé du goût de la contestation ! Qu'à cela ne tienne : nous pensons également que l'esprit se nourrit de contradiction. C'est peut-être même la condition d'une véritable réflexion ! A son tour, il suscite un petit débat .

On pourra donc, comme on l'a vu, prolonger ces débats dans notre encyclopédie des valeurs. C'est ainsi que l'on trouvera quelques réflexions sur la liberté et le déterminisme, sur la concurrence et la solidarité, etc. - histoire de poursuivre notre approche "idéologique"...

Enfin les pages de liens - pour comprendre et pour agir - sont mises à jour aussi régulièrement que possible (c'est à dire aussi avec un petit délai parfois). Pour vous tenir informés des sites les plus importants à nos yeux.
 
 

Jib'autonom, pour Autonomie (mai 1999).
 


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Dernière mise à jour : 04.04.2000
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