, Propos pour servir à la contre-révolution.
 



La destruction de l'école

Ses causes, ses méthodes...
 



Il ne faut pas avoir peur des mots.

Nombre d'enseignants pourtant, qui constatent quotidiennement la difficulté, voire l'impossibilité d'instruire véritablement les élèves dont ils ont la charge, et qui souffrent de ne pouvoir enseigner dans des conditions acceptables, s'indignent des mots avec lesquels certains expriment ce sentiment et résument la situation. Etrange maladie - mais répandue - qui consiste à connaître un état de fait, mais à ne pas supporter son énoncé clair. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : de la destruction, de la démolition d'un enseignement qui, s'il a toujours été au service des pouvoirs politiques et économiques, a pu aussi, parfois, à la marge, donner des repères historiques, transmettre des expériences, des idées, hors de tout formatage, à une époque où le capitalisme pouvait offrir ce luxe à une élite, voire plus largement si cela lui semblait de nature à le servir. Ce temps est désormais révolu.

C'est donc de la possibilité même d'un accès libre et authentique au savoir qu'il sera question ici. C'est peu de dire que l'on en est très loin, malgré la prétendue « démocratisation » du secondaire. Mais encore faut-il rechercher les causes de ce massacre. S'il convient de se tourner vers le capitalisme néolibéral (recherche d'un « enseignement » de masse au moindre coût, et si possible vidé de tout savoir un peu subversif, « adapté » aux exigences du marché), il ne faut pas omettre la responsabilité des idéologues « de gauche », qui est nettement moins souvent rappelée. La promotion des « sciences de l'éducation », cette gigantesque supercherie, ainsi qu'un usage immodéré et très souvent superficiel des théories de la sociologie de l'éducation, ont fait des ravages. Sous couvert d'« égalité des chances », on a battu en brèche l'égalité des droits, et promu par exemple, dans les faits, quantité de variantes (assez subtiles et dissimulées) de « discriminations », prétendument « positives ». On a donné le joli nom de « nouveau public » aux élèves du collège unique, et notamment aux élèves issus de l'immigration, et recommandé aux professeurs de s'y « adapter » ; entendez : ne plus « faire comme avant », c'est-à-dire ne plus chercher à leur faire étudier Voltaire, Flaubert ou Baudelaire par exemple, « trop difficiles », voire « bourgeois »... Pire encore, si c'est possible : on a recommandé de ne plus apprendre à lire avec la méthode syllabique, accusée de tous les maux, de ne plus enseigner « normativement » la grammaire, l'orthographe... Les conséquences en sont visibles aujourd'hui. A force de vouloir enrayer la reproduction des élites, empêcher la transmission de l'héritage, les apprentis-sorciers de l'Education nationale ont réussi, conformément à ce que leurs employeurs attendaient d'eux, à accélérer la reproduction des inégalités, à la renforcer dans des proportions inouïes - au lieu de la réduire un tant soit peu.

C’est cela qu’explorent tous les documents et les analyses qui suivent : les conséquences de cette alliance objective entre le capitalisme d'aujourd'hui, le néolibéralisme qui imprègne toutes les « réformes » de l'Education nationale, et cet égalitarisme de façade, superficiel et creux, qui inspire les sornettes des scientologues de l'éducation et autres « pédagogistes ».



Pour commencer, voici donc Professeurs, parents d'élèves, si vous saviez..., rapide présentation des maux dont souffre l'institution aujourd'hui. Ce communiqué (rédigé début 2002) reste valable après le « changement de majorité » de mai-juin 2002...

Ensuite, voici Escamotage et poudre aux yeux, un communiqué sur les « nouveaux programmes de français » de l'école primaire, ou comment Jack Lang réussit à annoncer exactement le contraire de ce qu'il fait (mars 2002). On notera que M. Ferry, six mois plus tard, a lancé des déclarations similaires : la « lutte contre l'illettrisme » reste toujours « la priorité »...

Puis, pour brosser un tableau de 30 ans de « réformes » dans le secondaire (premier cycle), on lira Evolution des horaires de français au collège (de 1972 à 2002). Des faits, rien que des faits. Où il apparaît que la politique de « la gauche », en matière éducative, s'inscrit très nettement dans la plus parfaite continuité avec celle de « la droite ».

Vous trouverez aussi L'enseignement de la servitude, ou « l'idéologie des sujets de bac et leur projet politique » (une version longue de ce texte est disponible sur le site de Sauver les lettres : moins exclusivement centrée sur les sujets de bac, elle s'appuie davantage sur les textes et les propos des autorités « responsables »).

Enfin, L'amer succès de Sauver les lettres se penche sur un collectif, transformé en association, qui semblait prometteur (et dont on recommande encore, ci-dessous, les informations) : il est urgent de tirer les leçons de son échec, emblématique des impasses où s'engagent nombre d'enseignants.



Mais encore, sur Autonomie :

  • Les réformes Allègre, communiqué du 24 février 2000. Même si, avec le départ du ministre quelques mois plus tard, et surtout avec la contestation des professeurs, certains de ces projets ne sont pas passés en l'état, ce texte reste valable - et ce qu'il dénonce est toujours d'actualité.

  • Culture ou barbarie ?, le texte fondateur d'un collectif de parents en colère (mars 2002), dissous depuis (février 2005).

Et ailleurs sur le web :
  • le site de l'APED (Appel pour une école démocratique), une bonne source d'informations et, dans une certaine mesure, d'analyses, notamment pour tout ce qui concerne les projets du capital contre l'école ;

  • le site de Sauver les lettres, une autre bonne source d'informations et, dans une certaine mesure, d'analyses : il peut aider à mieux percevoir l'articulation entre les attaques du capitalisme et la responsabilité des « pédagogistes » et autres « scientifiques de l'éducation », grâce une réflexion plus attentive aux disciplines elles-mêmes ;

  • le MPIP (Manifeste pour l'instruction publique), qui porte essentiellement sur la responsabilité - écrasante - des grands syndicats enseignants.


 
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Dernière mise à jour : 06.04.2005
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