, Propos pour servir à la contre-révolution.


      " La révolution conservatrice se réclame du néo-libéralisme, se donnant ainsi une allure scientifique, et la capacité d'agir en tant que théorie. Une des erreurs théorique et pratique de beaucoup de théories - à commencer par la théorie marxiste - a été d'oublier de prendre en compte l'efficacité de la théorie. Nous ne devons plus commettre cette erreur. " (Bourdieu)
 
 
Quelle révolution ?

Trop de paresse, trop d'habitudes, trop de réflexes nous ferment les yeux : même à gauche, même parmi les plus militants, le doute s'infiltre toujours, à un moment ou à un autre. L'idéologie vieille-libérale, qui s'est fait une jeunesse à travers l'idée de "mondialisation", a fini par imprégner tous les esprits.

Ce faisant, le néo-libéralisme progresse. Car il ne demande rien mieux que notre silence, que notre passivité. Et l'on s'étonne après que la gauche, que le gouvernement "pluriel" de Lionel Jospin - peut-être même doué des meilleures intentions du monde - privatise à tout va ; que dans la rue, ou parmi nos connaissances, il ne se trouve plus personne pour défendre le RMI, pour dire que le privé n'est pas l'alternative rêvée qu'on nous propose.

C'est une révolution silencieuse qui se profile, une révolution douce, qui ne dit pas son nom, mais dont les effets apparaissent déjà : cette Europe que nous désirons tous, ou cette fameuse "mondialisation" dont on nous rebat les oreilles à tord et à travers, risquent de n'être que celles des capitaux. C'est toujours le plus petit dénominateur commun qui s'impose, et c'est cela que nous ne devons pas accepter. La France a cette chance de croire encore, par moments, par soubresauts, à des alternatives. Il faut désormais en souligner l'urgence, et affirmer le refus absolu de toute dérive néo-libérale.
 

Une contre-révolution ?

Lutter contre l'écran de fumée néo-libéral, tel est l'objectif de ce site, y contribuer tout du moins.

Nous nous proposons de présenter le plus régulièrement possible d'utiles repères pour cette lutte : pour comprendre ses enjeux, et surtout pour aider à déjouer les pièges que nous tendent les néo-libéraux et leurs alliés. Car toute la difficulté réside là, dans les voies détournées qu'utilise cette idéologie ; bien souvent, nous nous faisons nous-mêmes les complices du libéralisme. C'est dire si ses alliés objectifs peuvent être nombreux, souvent à leur corps et leur esprit défendant ! 

Mais à terme, l'objectif de ce site c'est aussi de recentrer le débat politique, le replacer. Retrouver une cohérence dans notre discours de gauche. Rappeler par exemple qu'être de gauche, c'est être contre toutes les exclusions, toujours du côté de la victime, de celui qui a perdu le sens de son action, et qui se perd ; la gauche doit pouvoir comprendre le racisme par exemple, elle se doit même de le penser sans le diaboliser, sans le réduire ou le juger trop vite. Même si elle a joué son rôle, on ne peut pas dire que la stratégie de diabolisation du F.N. suivie jusqu'ici ait été une pleine réussite. Le racisme, c'est très souvent l'expression d'une humiliation qui n'a pas trouvé son expression. L'électeur du Front national ressent une oppression mais il n'en trouve pas la cause. Nous pouvons quelque chose pour lui.

Nous devons renouer avec cette façon-là de comprendre la gauche. Car la gauche d'aujourd'hui est à même de dénoncer toutes les aliénations, c'est là son génie : elle seule peut se prévaloir de penser encore à l'intérêt collectif, au bien commun - malgré les différences, les divergences. Sa logique, et sa force, c'est d'intégrer, de rassembler. Dés lors, elle seule est à même d'assumer un discours politique cohérent.
 

Comment, avec qui ?

En ces temps de chasse au Bourdieu, où tous les coups sont permis, les malentendus ne cessent pas. D'où le premier (chronologiquement), le plus immédiat objectif d'Autonomie : redonner la parole au sociologue.

En effet, ce qu'il y a de formidable avec les journalistes qui rapportent le "débat" sur Bourdieu, c'est qu'on sort de leur lecture plus indécis qu'avant...  A quoi servent donc des journalistes qui ne sont pas capables d'arbitrer une querelle, surtout quand elle est aussi stupide que celle faite à Bourdieu ces temps-ci ? Les scrupules sont souvent honorables, mais quand ils ne sont accompagnés d'aucune raison, ils ne servent qu'à ériger des barrières, d'autant plus insurmontables qu'elles n'offrent aucune prise. Et pourtant, le plus probable, c'est que ces journalistes n'ont pas lu Bourdieu. Terrible effet d'optique qui nous fait croire que le débat est complexe, la cause incertaine, quand seuls les médias sont en cause !

Avec ce site, il s'agit donc aussi de s'affranchir des médias incertains, qui ne médiatisent rien, qui caricaturent ou édulcorent. Les mots semblent légers, mais cela n'est pas peu. Retrouver l'autonomie d'une réflexion libre, sans entraves.

Pour commencer, je vous propose un texte de Pierre Bourdieu, à lire et à relire : "Chercheurs, etc.", paru dans Contre-feux, Liber, Raisons d'agir. Véritable précis d'argumentation militante, c'est un discours prononcé fin 1996. Il est toujours d'actualité, au point qu'il constitue une réponse parfois terme à terme aux questions qui traînent en ce moment.
 
 

Pour Autonomie, Jean-Baptiste, le 01.09.1998.

 

Rappelons, pour ceux qui voudraient prolonger leur fréquentation du sociologue, que nous proposons aussi :

Par ailleurs, il existe une autre page de présentation, pour préciser nos objectifs (qu'attendons-nous du site ? comment nous voyons son action ; une sorte de premier bilan).

Et puis une bonne question : au fait, c'est quoi, le néo-libéralisme ?


Enfin, il est à noter que, depuis l'automne 1999, l'activité d'Autonomie consiste essentiellement dans l'élaboration de communiqués et autres messages.



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Dernière mise à jour : 04.04.2000
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