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Quelle révolution ? Trop de paresse, trop d'habitudes,
trop de réflexes nous ferment les yeux : même à gauche,
même parmi les plus militants, le doute s'infiltre toujours, à
un moment ou à un autre. L'idéologie vieille-libérale,
qui s'est fait une jeunesse à travers l'idée de "mondialisation",
a fini par imprégner tous les esprits. C'est une révolution silencieuse
qui se profile, une révolution douce, qui ne dit pas son nom, mais
dont les effets apparaissent déjà : cette Europe que nous
désirons tous, ou cette fameuse "mondialisation" dont on nous rebat
les oreilles à tord et à travers, risquent de n'être
que celles des capitaux. C'est toujours le plus petit dénominateur
commun qui s'impose, et c'est cela que nous ne devons pas accepter. La
France a cette chance de croire encore, par moments, par soubresauts,
à des alternatives. Il faut désormais en souligner l'urgence,
et affirmer le refus absolu de toute dérive néo-libérale.
Une contre-révolution ? Lutter contre l'écran de fumée
néo-libéral, tel est l'objectif de ce site, y contribuer
tout du moins. Mais à terme, l'objectif de ce site c'est aussi de recentrer le débat politique, le replacer. Retrouver une cohérence dans notre discours de gauche. Rappeler par exemple qu'être de gauche, c'est être contre toutes les exclusions, toujours du côté de la victime, de celui qui a perdu le sens de son action, et qui se perd ; la gauche doit pouvoir comprendre le racisme par exemple, elle se doit même de le penser sans le diaboliser, sans le réduire ou le juger trop vite. Même si elle a joué son rôle, on ne peut pas dire que la stratégie de diabolisation du F.N. suivie jusqu'ici ait été une pleine réussite. Le racisme, c'est très souvent l'expression d'une humiliation qui n'a pas trouvé son expression. L'électeur du Front national ressent une oppression mais il n'en trouve pas la cause. Nous pouvons quelque chose pour lui. Nous devons renouer avec cette façon-là
de comprendre la gauche. Car la gauche d'aujourd'hui est à même
de dénoncer toutes les aliénations, c'est là son génie
: elle seule peut se prévaloir de penser encore à l'intérêt
collectif, au bien commun - malgré les différences, les divergences. Sa
logique, et sa force, c'est d'intégrer,
de rassembler. Dés lors, elle seule est à
même d'assumer un discours politique cohérent.
Comment, avec qui ? En ces temps de chasse au Bourdieu,
où tous les coups sont permis, les malentendus ne cessent pas. D'où
le premier (chronologiquement), le plus immédiat objectif d'Autonomie : redonner la
parole au sociologue.
Pour commencer, je vous propose un texte de Pierre
Bourdieu, à lire et à relire : "Chercheurs,
etc.", paru dans Contre-feux,
Liber, Raisons d'agir. Véritable
précis d'argumentation militante, c'est un discours
prononcé fin 1996. Il est toujours d'actualité, au point qu'il
constitue une réponse parfois terme à terme aux questions
qui traînent en ce moment.
Pour Autonomie, Jean-Baptiste, le 01.09.1998.
Rappelons, pour ceux qui voudraient prolonger leur fréquentation du sociologue, que nous proposons aussi :
Et puis une bonne question : au fait, c'est quoi, le néo-libéralisme ? Enfin, il est à noter que, depuis l'automne 1999, l'activité d'Autonomie consiste essentiellement dans l'élaboration de communiqués et autres messages. [ Aller au sommaire ][ Sommaire développé ] Dernière mise à jour : 04.04.2000
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