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vue par les autres La liberté croît avec la solidarité Au point de vue barbare, liberté
est synonyme d'isolement : celui-là est le plus libre dont l'action
est la moins limitée par les autres ; l'existence d'un seul individu
sur toute la face du globe donnerait ainsi l'idée de la plus haute
liberté possible. Au point de vue social, liberté et solidarité
sont termes identiques : la liberté de chacun rencontrant dans la
liberté d'autrui, non plus une limite (...) mais un auxiliaire,
l'homme le plus libre est celui qui a le plus de relations avec ses semblables.
Proudhon
NB : Bon, évidemment, il s'agit d'être
prudent... Même sans convoquer la "mondialisation", il faudrait
s'interroger sur la façon dont les avantages
de la liberté composée rejaillissent sur les individus... Tout le
problème de la liberté composée
vient du fait qu'en étant plus complexe, elle permet aussi
l'émergence
d'inégalités. Un pays peut devenir globalement plus "libre"
mais ne pas
en faire profiter tous les habitants, par exemple (problème de la redistribution
des richesses, mais plus largement du travail, de l'information, etc.)... J.Baptiste
La liberté comme autonomie Je ne suis vraiment libre que lorsque
tous les êtres humains qui m'entourent, hommes ou femmes, sont également
libres. La liberté d'autrui, loin d'être une limite ou une
négation de ma liberté, en est au contraire la condition
nécessaire et la confirmation. Je ne deviens vraiment libre que
par la liberté des autres, de sorte que, plus nombreux sont les
hommes libres qui m'entourent, et plus étendue et plus large est leur
liberté, plus étendue et plus profonde devient la mienne.
C'est au contraire l'esclavage des autres qui pose une barrière
à ma liberté, ou, ce qui revient au même, c'est leur
bestialité qui est une négation de mon humanité parce que, encore
une fois, je ne puis me dire libre vraiment que lorsque ma liberté, ou ce qui
veut dire la même chose, lorsque ma dignité d'homme, mon droit humain, qui
consiste à n'obéir à aucun homme et à ne déterminer mes actes que conformément
à mes convictions propres, réfléchis par la conscience également libre de tous,
me reviennent confirmée par l'assentiment de tout le monde. Ma liberté
personnelle ainsi confirmée par la liberté de tous s'étend à l'infini... Michel Bakounine Obéissance et esclavage
Le but et le principe de l'organisation en société consistent à soustraire
les hommes au règne absurde de la convoitise et de les faire avancer -
autant que possible - sur la voie de la raison, de sorte que leur vie
s'écoule dans la concorde et la paix. Baruch Spinoza, Traité des autorités théologiques et politiques (1670). NB : L'exemple du fils, qui au passage
a toujours servi à justifier les régimes autoritaires, est très intéressant
- car il n'est pas forcément si différent de celui de sujet.
D'abord, comment peut-on être certain
que les ordres donnés au fils sont toujours dans son intérêt ?
Quant à la définition donnée pour le sujet, elle néglige aussi quelques
aspects de la question (et permet quelques doutes) :
comment s'organise le passage de l'intérêt particulier à l'intérêt
général ?
qui en fixe les modalités ? Les problèmes surgissent dès lors : quel est
le contrat que le peuple établit avec l'Etat ? qui en surveille
l'application,
et en a les moyens ? comment s'assurer que l'intérêt général recouvre
tous les intérêts particuliers ? J.Baptiste
Liberté et nécessité
En fait, le royaume de la liberté commence seulement là où l'on cesse de
travailler par nécessité et opportunité imposée de l'extérieur ; il se
situe donc, par nature, au-delà de la sphère de production matérielle
proprement dite. De même que l'homme primitif doit lutter contre la nature
pour pourvoir à ses besoins, se maintenir en vie et se reproduire, l'homme
civilisé est forcé, lui aussi, de le faire et de le faire quels que soient
la structure de la société et le mode de la production. Avec son
développement s'étend également le domaine de la nécessité naturelle, parce
que les besoins augmentent ; mais en même temps s'élargissent les
forces productives pour les satisfaire. En ce domaine, la seule liberté
possible est que l'homme social, les producteurs associés règlent
rationnellement leurs échanges avec la nature, qu'ils la contrôlent
ensemble au lieu d'être dominés par sa puissance aveugle et qu'ils
accomplissent ces échanges en dépensant le minimum de force et dans les
conditions les plus dignes, les plus conformes à leur nature humaine. Mais
cette activité constituera toujours le royaume de la nécessité. C'est au
delà que commence le développement des forces humaines comme fin en soi, le
véritable royaume de la liberté qui ne peut s'épanouir qu'en se fondant sur
l'autre royaume, sur l'autre base, celle de la nécessité.
Karl Marx, Le Capital, L. III (1867).
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développé ] Dernière mise à jour
: 04.04.2000
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